Après le départ du général de Gaulle de la présidence du gouvernement au début de 1946, le général Billotte écrit au gaulliste Maurice Schumann un courrier où il lui fait part de ses craintes. Schumann en révèle alors le contenu aux dirigeants du Mouvement Républicain Populaire (MRP), le parti que Charles de Gaulle a créé. Billotte y affirme que si le MRP se retire du gouvernement, il laissera le pouvoir aux communistes et aux socialistes...

Charles de Gaulle - Colombey-les-Deux-ÉglisesOr cette perspective inquiète grandement les états-major américain et britannique.

Les dirigeants du MRP qui, comme De Gaulle vient de le faire, s'apprêtaient à laisser le pouvoir vacant, se ravisent et décident de barrer la route du pouvoir aux communistes.

Ils resteront donc au gouvernement... sans le général de Gaulle !

Georges Bidault, ministre MRP des Affaires étrangères, y voit aussi l'occasion d'exercer enfin son ministère en toute liberté...

En effet, après le départ de Charles de Gaulle, il va être libèré de l'étouffante tutelle du général, lequel a toujours considéré que la politique extérieure de la France doit exclusivement incomber au président.

Quant aux Françaises et aux Français, leur priorité n'est pas plus le retour du général à la tête du pays que l'endiguement du communisme mondial : ce qui préoccupe la population, c'est de faire face aux problèmes de la vie de tous les jours !

Et d'autre part, en cette année 1946, une grande partie des Français ne perçoit le Parti Communiste Français (PCF) que comme le parti de la Résistance à l'occupant. Ils restent par ailleurs plutôt indifférents au fait que le général de Gaulle ne soit plus à la tête du pays et au fait que le gouvernement comporte des représentants issus des 3 principaux partis de France, à savoir le MRP des Gaullistes, le PCF et le Parti Socialiste Français...