Dans les années qui suivent la 2nde guerre mondiale, il nait 800.000 bébés par an en France. Dans le même temps, le pays connait un fort exode de ses populations rurales vers les villes, à laquelle s'ajoute l'arrivée, entre 1945 et 1960, de 3 millions de migrants italiens, espagnols, algériens et marocains. La conjonction de ces 3 phénomènes (le "baby boom", l'immigration et l'exode rurale) concourent à créer un grave manque de logements...

Plus de 250 bidonvilles voient le jour en peu de temps dans les banlieues des grandes agglomérations. La population de ces habitations de planches et de tôles est estimée à 10.000 personnes, en grande partie des immigrés. D'autres mal-logés s'entassent quant à eux dans les hôtels des "marchands de sommeil", dans de petits appartements insalubres, dans des cités d'urgence ou dans de vieux wagons que la SNCF a transformé en abris.

Asnières_Gennevilliers_-_Cité_Jardin_des_Grésillons_(dans_le_fond,_l'Hopital_Beaujon)Le gouvernement français met alors en place un plan de constructions et, dés 1950, 100.000 nouveaux logements sont construits chaque année.


Entre 1950 et 1975, la France va ainsi mettre à la disposition de sa population quelques 8 millions d'habitations neuves, dont 2,5 millions seront des locations à loyers modérés.


La plupart d'entre elles seront construites en séries et prendront la forme d'immeubles en béton, d'immenses "barres" ou de tours de plus de 20 étages.

Dotés de l'eau courante, de l'électricité et parfois du gaz, elles font le bonheur des millions de mal-logés. Puis, en 1977, l'Aide Personnalisée au Logement (APL) et la loi Barre incitent les locataires à s'acheter une maison : la France cesse alors de construire des logements sociaux. Mais la crise économique qui survient ensuite fait bondir le chômage et transforme beaucoup de ces "nouveaux accédants à la propriété" en personnes surendettées...