Les attaques des combattants indépendantistes du Vietminh se multipliant dans le nord de l'Indochine, la France décide d'augmenter sa présence militaire dans sa colonie. Comme elle ne veut pas y envoyer les appelés de la Métropole, elle recrute des volontaires. Mais ces derniers étant peu nombreux, le gouvernement envisage alors d'y expédier des indigènes de l'Algérie française et des protectorats de Tunisie et du Maroc...

1947- nouvelles recrues en IndochineLe Bureau des affaires militaires musulmanes fait alors remarquer au gouvernement que ces soldats risquent d'être contaminés par la propagande communiste lorsqu'ils seront sur place.

Mais la situation se dégradant rapidement en Indochine, le recrutement des Maghrébins commence dés 1947.

Une grande moitié d'entre eux provient des zones rurales du Maroc, l'autre moitié arrivant de celles de l'Algérie française et de celles de la Tunisie.

En 7 ans, ils vont être environ 123.000 à combattre au sein de l'armée française. Toutefois, la falsification des élections algériennes en 1948 et 1951, l'assassinat du syndicaliste tunisien Farhat Hached en 1952, la mise à l'écart du sultan marocain Mohammed V en 1953 et les tracts en langue arabe diffusés par le Vietminh conduisent plusieurs centaines d'entre eux à déserter et à rejoindre les rangs des combattants indépendantistes vietnamiens.

Après le départ des français, quelques-uns de ces Maghrébins du Vietminh s'installent au Vietnam mais la plupart veulent retourner dans leur pays d'origine. En 1959, en Algérie française, l'Armée de Libération Nationale (ALN) refuse qu'ils reviennent car elle est convaincue qu'ils sont tous communistes. Ils ne pourront donc commencer à rentrer chez eux qu'en 1965, soit 3 ans après l'accession de l'Algérie à son indépendance (et 3 ans après la dissolution de l'ALN).