En 1980, les dirigeants de la municipalité de Paris affirment vouloir faire de leur ville la capitale de l'Europe. Ils chargent donc des promoteurs immobiliers de remplir les terrains non encore occupés et de "densifier" l'habitat dans les quartiers populaires de l'est parisien. Les Zones d'Aménagement Concertés (ZAC) qui sont créées donnent à la municipalité le droit d'en expulser les habitants. Il est donc décidé de raser 90% du quartier Belleville...

ClintonchiracLe prétexte à cette vaste opération repose sur la présence de quelques immeubles insalubres et sur une nécessité "d'aérer l'habitat", mais également sur un projet de centre commercial.

Aux associations de quartier qui se mobilisent, Didier Bariani (maire UDF du 20ème arrondissement) répond simplement que "raser est la solution la moins onéreuse".

Dans le même temps, les terrains non bâtis de la ZAC Maillot se couvrent d'immeubles de bureaux.

Dans le 10ème arrondissement, un promoteur est autorisé à construire des immeubles de luxe sur une partie du parc Villemin.

Les associations s'organisent et, avec le soutien d'élus de gauche et d'architectes des Bâtiments de France, tentent de faire échouer ce projet...


Mais Jacques Chirac (maire de Paris), les élus du Rassemblement Pour la République (RPR) et ceux de l'Union pour la Démocratie Française (UDF) détiennent la majorité municipale !


La résistance des habitants retarde cependant les chantiers. En 1992, leurs associations vont en justice et le bureau des contentieux doit étudier plus de 1.000 recours : le parc Villemin est sauvé et la ZAC Maillot mise en sommeil. Didier Bariani parle désormais de ne raser "que 50% de Belleville". Mais, en mars 1993, le tribunal administratif abroge les ZAC : la municipalité de Paris n'a plus le droit d'expulser ses habitants...