En 1965, dans les universités américaines d'Austin, de Miami, de Philadelphie, de Washington, de Chicago, de Seattle et de Berkeley commence une grève de protestation contre la guerre du Vietnam et contre la conscription. Ici et là cependant, les étudiants grévistes subissent l'hostilité des partisans de la guerre, notamment à New York où une manifestation de soutien à la guerre a été organisée par plusieurs associations patriotiques...

Mais le mouvement anti-guerre réplique en organisant, pour le 27 novembre, une grande marche sur Washington. Ce jour là, les médias américains sont impressionnés par l'immense foule qui est présente. Les dirigeants du gouvernement parlent d'une "minorité agissante" et Nicolas Katzenbach, ministre de la justice, affirme même que ce mouvement est infiltré par les communistes. Edgar Hoover, chef du FBI, confirme d'ailleurs leur présence...

ThomasKuchelMais il rassure les américains : les communistes ne sont pas assez nombreux pour en prendre la direction ! En réalité, ces étudiants veulent seulement ne pas quitter les Etats-Unis et ne veulent pas faire une guerre injustifiée au Vietnam.

Mais, pour le sénateur démocrate Tom Dodd, cette protestation est sous l'emprise d'éléments à la fois favorables au Vietminh et hostiles aux USA !


En Californie, le sénateur républicain Thomas Kuchel choisit la surenchère verbale : il affirme que cet infâme mouvement est dirigé par des éléments venimeux qui veulent frauder pour soustraire la jeunesse au service militaire et semer ainsi des "graines de trahison" !


En décembre, 45.000 jeunes devront cependant aller rejoindre ceux qui combattent déja au Vietnam. Les sondages indiquent qu'une grande majorité de l'opinion américaine fait confiance au président Lyndon Johnson, malgré l'hostilité d'une partie des médias...