En 1949, l'antisémitisme ambiant amène quelques 500 juifs d'Allemagne de l'Est (RDA) à quitter prudemment un pays où, par exemple, les supporters de football qui s'en prennent à des juifs ne sont pas trop inquiétés par la police. Les anciens cadres du NSDAP, le parti de feu Adolf Hitler, ont quant à eux migrés en Allemagne de l'Ouest (RFA) pour y intégrer la police et l'armée, où ils retrouvent d'autres anciens du parti nazi...

langfr-800px-NSDAP-LogoUne grande partie est cependant restée en RDA, notamment dans la haute administration ou au sein de la STASI, la police politique du pays.


En 1951, environ 175.000 anciens membres du NSDAP, anciens S.S. ou anciens officiers de la Wehrmacht sont désormais adhérents au Parti Socialiste Unifié (SED), qui est le parti communiste qui dirige sans partage le pouvoir en RDA.


Certains d'entre eux occupent d'ailleurs de hautes fonctions : Luitpold Steidle, ancien cadre du NSDAP, est ministre de la santé et Reinhold Tappert, ancien officier des S.S., commande la 9ème division de blindés de l'Armée Populaire Nationale (NVA).

En 1961 en RFA, l'élite dirigeante du pays comprend 67% d'anciens adhérents du NSDAP, dont Hans Globke, directeur de cabinet du chancelier Konrad Adenauer et rédacteur, sous l'ère nazie, des lois antijuives de Nuremberg.

Les officiels de la RDA font quant à eux le silence autour du fait que les communistes qui s'étaient refugiés en URSS en 1939 ont été exécutés par Staline au moment du pacte germano-soviétique. En RFA, 90% des magistrats en fonction pendant la guerre ont été reconduits à leurs postes : ils peuvent ainsi étouffer les procès des anciens nazis. En 1995, pour les 50 ans de la fin du nazisme, l'Allemagne réunifiée annonce qu'elle admet ses erreurs passées...