Au début du 20ème siècle, les migrants et les indigènes des colonies françaises ont l'obligation de demander à la mairie de leur domicile un certificat d'immatriculation pour pouvoir travailler. Les roulottes des "gens du voyage" sont listées par la police et, en 1907, des brigades mobiles sont créées pour surveiller leurs déplacements. En 1912, à la demande d'élus ruraux et de groupes de forains, une loi est votée concernant l'identification des Tsiganes...

Chacun d'eux doit se procurer un document anthropométrique comportant sa photo et ses empreintes digitales. Ce papier doit être annoté à l'arrivée et au départ de chaque commune et se soustraire à ce controle est un délit passible de prison. En 1917, la France décide, par décret, d'étendre cette carte d'identité à tous les étrangers, lesquels sont considérés comme des criminels potentiels (notamment ceux arrivant de Russie).

French_ID_Card_before_1988


Pendant la 2nde guerre mondiale, l'usage de cette carte d'identité réservée aux Tsiganes est étendue par le gouvernement de Philippe Pétain à tous les Français et elle reçoit le nom de Carte Nationale d'Identité.


En 1941, ce régime fonde aussi le Service National de Statistiques (SNS), qui invente un Numéro d'Identification au Répertoire (NIR) qui comporte 13 chiffres...

Le 1er chiffre identifie des groupes : 1 signifie "homme", 2 "femme", 3 "juif" et 4 "musulman".

Abandonné en 1944, ce numéro est réutilisé en 1945 par la toute nouvelle Sécurité Sociale.

La même année, la Carte Nationale d'Identité est supprimée mais, dés le début de la guerre d'Algérie, elle retrouve sa place.

Le SNS est par la suite rebaptisé Institut National des Statistiques et des Etudes Economiques (INSEE) et ce dernier garde les outils inventés en 1941 par le militaire René Carmille, grand admirateur des méthodes d'identification de l'Allemagne nazie...