Couchés au fond des tranchées sur lesquelles s'abattent les tonnes d'obus qui détruisent tout, retournent la terre et déchiquètent leurs camarades de combat, certains soldats sombrent dans la folie. Face à la multiplication des cas, les médecins militaires décrètent que les fantassins atteints de troubles mentaux y étaient prédisposés et auraient donc développés ces maladies en temps de paix. Ils en citent même les facteurs déclenchants...

Selon eux, les principaux sont la syphilis et l'alcoolisme. En 1915, le docteur Charles Myers affirme quant à lui que le déplacement d'air produit par l'explosion d'une bombe modifie la pression du liquide qui entoure le cerveau et dégrade donc ce dernier. De son côté, le major Milian préfère diagnostiquer que les batailles provoquent une sorte d'hypnose sur les soldats. La position des médecins se diversifie ainsi peu à peu...

ElektrisierapparatEn 1916, la plupart admettent cependant que cette guerre rend fou mais le docteur Pierre-Marie de La Salpétrière préfère s'accrocher à l'idée d'une "simulation inconsciente".

Le docteur Sicard choisit de trier ses malades en "névrosés vrais" et "névrosés suspects" : les cas suspects sont privés de cigarettes, de courrier, de lecture et de visite... tant qu'ils refusent de guérir !


Le docteur Clovis Vincent choisit pour sa part de soigner les siens en leur faisant subir des décharges électriques.

Le docteur autrichien Kozlowski fait de même et fixe les électrodes sur les testicules de ses patients pour être plus efficace.

Certains de ceux de l'Allemand Fritz Kaufmann préfèrent se suicider plutôt que d'endurer une 2nde "séance d'électrothérapie".


Quoi qu'il en soit, dans l'ensemble des pays en guerre, les médecins militaires considèrent qu'ils ont avant tout une mission patriotique à accomplir : celle de renvoyer rapidement un grand nombre de ces soldats atteint de démence au combat !