La France attend 1960 pour se doter d'un véritable arsenal technocratique. Pour chaque nouveau problème social, généré par le développement industriel et les bouleversements sociétaux, il va comprendre une administration qui lui est spécialement dédiée : réaménagement des villes, création d'un réseau d'autoroutes, d'un système de comptage des véhicules pour y fluidifier la circulation et d'un service de sécurité routière...

Georges_Pompidou_1969_(cropped)De même, pour répondre à la poussée démographique, des organismes voient le jour dans et autour des aglomérations pour structurer les sociétés de logements collectifs, créer un système de soins, organiser la sécurité sociale, etc...

Pour traiter l'immense déferlement d'informations que produit l'organisation de cette "Nouvelle société", l'arrivée d'un outil nommé ordinateur est assez vite perçue comme une solution salvatrice.

L'informatique va également servir à enrayer l'inévitable inflation du nombre d'employés administratifs de l'état.

En 1969, avec l'aide de ses conseillers Ernest-Antoine Seillière, Simon Nora et Jacques Delors, le ministre Jacques Chaban-Delmas travaille à la création d'un fichier numérique contenant la totalité de la population française.


Mais, en mars 1974, le journal Le Monde dévoile ce projet secret, souhaité par le président Georges Pompidou...


Nommé Système Automatisé de Fichiers Administratifs de Répertoire des Individus (SAFARI), il a pour vocation de rassembler la totalité des fichiers administratifs de chacun des Français et de les coupler au numéro de sécurité sociale de l'intéressé. La classe politique est horrifiée par SAFARI, qui est (provisoirement) abandonné. Pour apaiser la tension, une Commission National Informatique et Libertés est alors créée par Pierre Mesmer, le 1er ministre...