Depuis 1939, les syndicats et partis d'étudiants ont été interdits par le gouvernement d'Edouard Daladier. Une partie d'entre eux sont alors entrés dans la clandestinité. De leur côté, les étudiants communistes ont formé des groupes de 3, discrètement en contact les uns avec les autres. Ainsi, sans jamais vraiment savoir par qui, ces groupes sont en liaison avec la direction du mouvement des Etudiants Communiste de France (dans l'illégalité)...

Les étudiants communistes veulent commémorer l'anniversaire de l'armistice du 11 novembre 1918 en manifestant dans les universités. Mais Radio Londres donne pour consigne aux étudiants de se regrouper silencieusement sous l'Arc de Triomphe. Pour ne pas diviser le mouvement édudiant, les communistes décident alors de se rallier à cet appel.

Plaque_Manifestation_du_11Les étudiants gaullistes et communistes font donc des distributions clandestines de tracts et du bouche-à-oreille pour assurer le succès de cette action...

Des antifascistes, des patriotes apolitiques et des nationalistes, ulcérés par l'occupation et la collaboration, l'accueillent favorablement.

Le 11 novembre, la manifestation rassemble de petits groupes d'étudiants, que la police disperse sans ménagement.

Ils se reforment sur les Champs-Elysées mais y subissent alors une violente répression, suivie par la fermeture de l'université de Paris.

Le lendemain, une descente de police permet l'arrestation de plusieurs dizaines d'étudiants. La plupart sont relachés après plusieurs mois de prison mais, en cas de récidive, tous ceux qui se feront reprendre seront systématiquement déportés dans des camps. Cette marche du 11 novembre 1940, sous l'Arc de Triomphe et sur les Champs-Elysées, peut incontestablement être considérée comme un des premiers actes de courage de la résistance estudiantine de France...