Les députés français doivent voter le 30 décembre 1936 sur un projet de loi qui, s'il est accepté, accordera le droit de vote à 22.000 anciens combattants algériens. Les colons français en Algérie, la droite et les radicaux ont, dés le début, exprimés une virulente hostilité à ce projet, défendu par Marius Moutet, le ministre des colonies du gouvernement de Front Populaire. Daniel Guérin, de la Gauche Révolutionnaire, veut quant à lui aller plus loin... 

Juifs_tunisiensEn effet, il a écrit dans Le Populaire, journal socialiste de la SFIO, qu'il est urgent de donner le droit de vote à tous les indigènes colonisés par la France.

En mai 1937, la journaliste communiste Simone Tery est envoyée en reportage au Maroc français par l'Humanité. Son 1er article dénonce alors la misère qui y règne après 3 années consécutives de sécheresse.

Puis l'hebdomadaire Vendredi publie les reportages de l'écrivain Jean Guéhenno, lequel revient d'Algérie française où il a vu des millions d'indigènes morts de faim.

En septembre 1937, Madeleine Paz est dépêchée au Maroc par Le Populaire et elle confirme à son tour avoir découvert des millions de Marocains terrassés par la faim. Madeleine Paz se rend ensuite en Tunisie et elle constate que, si la misère est générale chez les indigènes, les colons, eux, vivent dans l'opulence la plus totale.

En août 1938, la reporter Andrée Viollis affirme dans le journal Ce Soir que les Tunisiens ne sont pas assez évolués pour accéder à l'indépendance, ni même à l'autonomie. Elle ajoute aussi qu'une bonne partie des colons traitent leurs employés "avec humanité, voire avec affection". Une vague de grèves se répand par la suite dans tout le Maghreb... Elles sont violemment réprimées et, aux morts de faim, s'ajoutent désormais les morts par balles.